Vie associative

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Vie associative

L'assemblée générale est le moment fort de la vie de l'association. Cet acte de démocratie interne se déroule en novembre ou décembre et permet de faire le point sur l'exercice écoulé et de parler de nos projets. Elle est suivie d'un repas.

ALSARANDO est membre des FESTIGAYS, collectif regroupant les association LGBT d'Alsace, depuis 2003 et a participé à toutes les marches de la visibilité LGBT de Strasbourg. En effet, nous ne pouvons pas travailler pour une homosexualité épanouie, sans honte ni bannière et vivre caché ce jour là. Les premières années, nous défilions derrière une banderole et un immense drapeau 6 couleurs mais depuis 2006, nous avons notre propre char que nous décorons ; la participation de nos adhérents est basée sur le volontariat.

Le Salon des Associations de Strasbourg est l'occasion pour ALSARANDO de promouvoir ses activités auprès d'un public plus large et pas forcément gay et lesbien. Notre stand, situé dans le village " sports et loisirs ", est entouré par des associations non communautaires et permet un mélange sympa, riche en contact humain et en échange. Le public passe, repasse (certaines personnes 10 fois), nous parle souvent car notre stand décoré de sacs à dos, de chaussures de randonnées et du drapeau 6 couleurs ne laisse personne indifférent.

Même si ALSARANDO n'est pas une association militante, nous travaillons avec les autres associations gays et lesbiennes de Strasbourg au sein d'une structure informelle sur des projets communs (plaquette pour faire face aux discriminations et agressions, journée de lutte contre l'homophobie, hommage aux déportés homosexuels lors de la journée du souvenir). Des activités conviviales réunissant l'ensemble des membres de nos associations sont également organisées pour mieux se connaître et partager des moment de détente comme un barbecue, un rallye automobile, une journée dans les arbres au Parc Alsace Aventure et des soirées repas.

Enfin, ALSARANDO organise régulièrement depuis 2003 avec d'autres associations ou groupes des randonnées communes. Ainsi, nous rencontrons régulièrement Rando's Lorraine, Uferlos et le Lesben Wandergruppe de Karlsruhe, OGays67 d'Offenburg.

Marche de la visibilité :

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Homophobie

Homophobie, stop ! - (Communiqué de presse)

Parce que la lutte contre l’homophobie peine à passer des paroles aux actes et suite à l’agression à Strasbourg, en septembre 2006, d’un couple des lesbiennes, le collectif des associations LGBT - lesbiennes, gais, bi et trans - de Strasbourg publie et diffuse une plaquette d’information destinée aux victimes d’homophobie et/ou de transphobie, un problème d’autant plus préoccupant qu’«SOS Homophobie» a observé une hausse générale des agressions homophobes en France en 2006. En France, tous les 3 jours, un(e) homosexuel(le) est victime d'une agression physique.

Le tract, qui sera disponible notamment dans les établissements LGBT (associations, bars, saunas, restaurants) et idéalement dans les écoles, les centres socioculturels et les établissements publics, détaille la marche à suivre pour porter plainte auprès de la police et recense les adresses utiles (avocats, médecins, groupes de soutien) pour les victimes ou témoins d’homo/transphobie.

Les associations LGBT de Strasbourg qui, dans la mesure de leurs moyens, tentent par ailleurs de prévenir les actes et propos homophobes par des actions de sensibilisation tout au long de l’année, espèrent, par le biais de cette plaquette, offrir aux gais, lesbiennes, bi et trans, ainsi qu’à leurs amis et leurs proches, des outils pour mieux se défendre contre l’homo/transphobie.

Le collectif Straslgbt

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Hommage à Pierre Seel

"Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel" a été écrit en collaboration avec Jean Le Bitoux et publié en Mars 2001 aux éditions Calmann-Lévy

pierre Seel"Un jour, les haut-parleurs (du camp de Schirmeck) nous convoquèrent séance tenante sur la place de l'appel. (...) il s'agissait en fait d'une épreuve autrement plus pénble, d'une condamnation à mort. Au centre du carré que nous formions, on amena, encadré par deux SS, un jeune homme. Horrrifié, je reconnus Jo, mon tendre ami de dix-huit ans. (...) Je me figeai de terreur. J'avais prié pour qu'il ait échappé à leurs rafles, à leurs listes, à leurs humiliations. Et il était là, sous mes yeux impuissants qui s'embuèrent de larmes. (...) Dans ma douleur, j'ai totalement oublié le contenu de l'acte de mise à mort (...) Puis les hauts-parleurs diffusèrent une bruyante musique classique tandis que les SS le mettaient à nu. Puis ils lui enfoncèrent violemmentsur la tête un seau en fer-blanc. Ils lâchèrent sur lui les féroces chiens de garde du camp, des bergers allemands qui le mordirent d'abord au bas-ventre et aux cuisses avant de le dévorer sous nos yeux. (...) Depuis, il m'arrive encore souvent de me réveiller la nuit en hurlant. Depuis plus de cinquante ans, cette scène repasse inlassablement devant mes yeux. Je n'oublierai jamais cette assassinat barbare de mon amour. Sous mes yeux, sous nos yeux. Car nous fûmes des centaines à être temoins. Pourquoi tous se taisaient tous aujourd'hui ? Sont-ils donc tous morts ? (...) Mais je pense que certains préfèrent se taire pour toujours, redoutant de réveiller d'atroces souvenirs comme celui-ci parmi d'autres. Quand à moi, après des dizaines d'années de silence, j'ai décidé de parler, de témoigner, d'accuser. (...)"
"J'avais dix-huit ans, et je n'avais plus d'âge."

pierre Seel"Pour un plaisir mille douleurs." La citation de Villon qui ouvre le récit de Pierre Seel (éditions Calmann-Lévy de Mars 2001) résume la trajectoire de cet homme marqué à jamais par la cruauté nazie.

Le destin de ce jeune Alsacien de 16 ans bascule un jour de 1939. Alors qu'il assouvissait ses besoins d'amour et de sexe dans des toilettes publiques de Mulhouse, Pierre Seel se fait voler sa montre par un inconnu. Il dépose plainte au commissariat de la ville.

En divulguant le lieu du forfait à l'officier de police, le jeune homme était loin de penser dans quel engrenage il mettait le pied. Quelques mois après l'invasion allemande, en automne 1940, il reçoit l'ordre de se présenter au quartier général de la Gestapo.

Parmi les archives abandonnées par la police française, les Nazis trouvent sa déposition de vol, ainsi que la mention de son homosexualité. Avec une douzaine de congénères, Pierre Seel est arrêté. Il subit des tortures effroyables pendant 13 jours et 13 nuits, avant d'être déporté au camp de concentration de Schirmeck, à 30 km de Strasbourg.

"L'horreur et la sauvagerie étaient la loi. Très vite, je suis devenu une ombre silencieuse et obéissante", confie-t-il. Pierre Seel ne porte pas le triangle rose, mais la barrette bleue réservée aux religieux, du fait de son catholicisme. "Il n'y avait pas de solidarité avec les homosexuels, qui étaient considérés la classe la plus basse. Les détenus entre eux les prenaient comme cible", poursuit-il. Un matin, alors que les prisonniers sont rassemblés dans la cour, Pierre Seel reconnaît son ami Jo, le garçon de 18 ans qui fut son premier amour. Ce dernier est battu, déshabillé et coiffé d'un seau de métal. Puis les Nazis lâchent leurs chiens. Impuissant, Pierre Seel assiste à l'exécution de son ami, dévoré par une meute de bergers allemands. "Depuis 50 ans, cette scène de barbarie défile sans cesse devant mes yeux. Je n'oublierai jamais l'assassinat de l'amour de ma vie", raconte-t-il les larmes aux yeux.

Après six mois de détention, Pierre Seel est transféré dans le Reich Arbeits Dienst. Considéré citoyen allemand du fait de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, il est ensuite incorporé de force dans l'armée allemande et envoyé au front en Yougoslavie et en Russie. "Servir dans la Wehrmacht a été par moments plus difficile moralement et physiquement que le camp de concentration. Il fallait tirer sur les alliés Russes, et nous souffrions énormément du froid." Pendant l'hiver 1944, il déserte les rangs de l'armée allemande en compagnie de son lieutenant, et se rend aux Russes.

De retour à la vie civile, le cauchemar a continué. "L'homosexualité était synonyme de honte et de péché mortel dans la société catholique et bourgeoise d'après-guerre", raconte-t-il. Pour tenter d'oublier son ami Jo et des penchants affectifs qui faisaient de lui un paria, Pierre Seel décide de se marier. "Je voulais vivre comme les autres", dit-il. Devenu directeur de société, il restera marié pendant 28 ans, et aura 4 enfants. "Mais je n'ai jamais oublié ma vraie nature et mon ami Jo. Je pleurais chaque fois que je faisais l'amour à ma femme. Le spectre de Jo me hantait."

"Pendant 40 ans, j'ai vécu avec un mouchoir sur la bouche", avoue Pierre Seel. Il aura fallu les attaques homophobes de l'évêque de Strasbourg à l'occasion d'une réunion de l'ILGA en 1982 pour qu'il sorte enfin du silence dans lequel il s'était emmuré. Il publie une lettre ouverte pour répondre aux propos offensants de l'évêque qui traitait les homosexuels "d'infirmes", s'exposant ainsi au regard de sa famille, à qui il avait toujours caché son amour des garçons. Depuis, de commémoration en conférence et de pays en pays, Pierre Seel se bat pour la reconnaissance de la déportation des homosexuels par le régime nazi, et dénonce le traitement qu'ont subi les gays à la Libération: au même titre que les criminels, ils n'ont pu demander ni indemnisation ni reconnaissance, et se voyaient forcés de retrouver leur rang de clandestin dans la vie civile. Certains ont même été remis en prison pour leur vice. Il faut savoir que le fameux paragraphe 175 du code pénal allemand qui punissait l'homosexualité - à l'origine de l'arrestation de Pierre Seel - n'a été abrogé qu'en 1969.

Après la guerre, en France, la loi de 1942 signée par Pétain devient l'article 331 du code pénal. Et en 1960, l'amendement Mirguet classe l'homosexualité "fléau social" et donne au gouvernement le droit de légiférer par décret pour la combattre. Ce n'est qu'à l'arrivée au pouvoir des socialistes en 1981 que les autorités françaises ont cessé de ficher les homosexuels.

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